Archives de Catégorie: Fabuleuses créations

Tandem – l’art de l’association

Un soir, au fond d’une taverne exaltée,

Deux camarades, à l’amitié dans la griserie chevillée,

Caressaient des défis infinis

Chargés de cette joyeuse vitamine.

TandemEspagnol

« A rester dans les rues de la ville,

Immobiles,

On s’empâte, on se gâche.

Prenons nos vélos et partons

Dans les plaines, les plateaux,

La montagne, là-haut.

Ton profil est rouleur,

Sur les routes plates tu nous porteras ;

Viennent les côtes et le relief,

Ma vivacité te relayera,

Pour nous happer aux sommets. »

Sans davantage en préciser les contours,

Sans même sortir de carte pour organiser le tour,

Les deux amis trinquèrent à cette promesse

Qui brillait comme un diadème,

Qui changeait des mêmes thèmes.

L’appareil acquis, un tandem dernier cri,

L’instigateur dut attendre son ami,

Dont le tumulte de la soirée résonnait

Encore dans sa tête embourbée.

A mesure que la ville lentement s’éloignait,

Le rouleur taiseux de son labeur s’écartait :

Il observait non sans envie

Qui les vélos, qui les voitures,

Qui une caravane roulant à belle allure,

Avec insolence, tous, les déposer.

Ses pensées bourdonnaient autour d’un pourquoi :

Pourquoi avait-il enfourché un vélo et quitté

La ville où il avait ses amis et son toit ?

Aimait-il vraiment ce sport douloureux ?

A quoi bon cet effort au plaisir hasardeux ?

Le leader, sentant son équipier flancher,

Avait à plusieurs haltes accédé.

A la tentation de la bière, ce nectar enchanteur,

Celui-ci finit-il par céder

Dans l’espoir d’y puiser les ressources et l’ardeur

Qui la veille avaient ce projet insufflé.

Ce poison eut pour effet fatal

D’achever et ses jambes et son courage.

Malgré une attention forcée et des encouragements répétés,

Le leader commençait à douter de l’équipée.

L’associé, même sur son terrain,

Etait pour lui un frein.

Mais, égarés dans la campagne assis sur le même engin,

Ils ne pouvaient plus séparer leurs destins.

A deux ils avaient débuté, à deux ils devraient finir

Une échappée lestée d’un fardeau imprévu.

Quand vint le moment d’attaquer les collines,

L’associé-rouleur que le braquet de la plaine

Avait exaspéré, voulut aussitôt

L’obstacle contourner, par les chemins latéraux.

Les volontés contraires paralysèrent l’avancée

S’opposant dans une algarade haineuse

Où le dépit et la rancœur

Furieusement se déchiraient.

Jamais plus les deux amis, ensemble, ne fréquentèrent

Les bars et les tavernes.

Le leader rangea au garage le tandem,

Se reprochant d’avoir envisagé un associé

Pour des qualités qu’il n’avait pas ;

Le rouleur reprit la fabrication de ses rêves

Par les bières arrosée, et les calfeutrait

Dans la solitude de ses nuits.

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Soleils noirs

Voici 2 histoires récentes comptant parmi les protagonistes des asiatiques, mais qui traitent avant tout de reprises de fonds mal négociées, où les preneurs pensaient acheter leur liberté…

Le rêve d’une vie qui tourne au cauchemar. Haïtienne d’origine, Jeanne travaille en France comme aide-soignante. Pendant une vingtaine d’années, elle met de l’argent de côté en vue de monter le projet qui l’anime, autour de la restauration et de la cuisine de ses racines. Approchant de la retraite, elle engage le processus de concrétisation avec son fils. La recherche de local dure près de 2 ans, avant de tomber sur une opportunité à proximité de Montparnasse, un restaurant asiatique qui toussote depuis moins de 2 ans et affiche péniblement 40 k€ de chiffre d’affaires. La visite du lieu les convainc de l’acheter cash 90 k€ (en moyenne, la base, pour une reprise de fonds de commerce, qui nécessite normalement 3 années d’exploitation, se paye +/- au niveau du chiffre d’affaires annuel moyen réalisé). Le bail originel indiquait que le preneur asiatique s’engageait à prendre à sa charge les travaux d’installation d’une extraction. Pendant la visite, ils ont pu voir le restaurant fonctionner, avec une femme en cuisine, marmite, vapeurs et odeurs, aspirées par ce qui ressemble à une extraction, ce que le cédant confirme. La greffe de la cuisine afro-caribéenne doit pouvoir opérer : ils signent la vente.
Las, très vite, lors des menus travaux de prise de possession, certains vices surgissent. Ce qu’ils avaient pris pour une extraction n’est qu’une bouche d’aération qui avait été maquillée et mise en scène pour la visite (une mascarade à La Vérité si je mens), une cuisine hors normes, une salle au sous sol qui s’avère inexploitable, le gaz et l’électricité à refaire, des canalisations défaillantes,… La désillusion est de taille, comme la facture qui s’annonce. Ils interpellent le notaire 3 mois plus tard, de justesse le prix séquestré peut être bloqué. La transaction à l’amiable échoue, une procédure est donc enclenchée et doit aboutir à une première audience. Mais entre temps, les loyers, les factures, s’empilent ; une demande de suspension de loyer vient simplement d’être envoyée au bailleur. Les frais engagés dans l’affaire atteignent 130 k€, les réserves personnelles sont taries. Et surtout, le nerf passionné de l’aventure est broyé, le restaurant est devenu un membre infâme.

George est chinois d’origine, albinos et malvoyant de naissance. Soumis à de fortes discriminations, il fuit son pays pour venir en France en 1992. Il pratique dans un premier temps le savoir traditionnel qu’il a appris en son pays, l’acupuncture, mais qui, en France, n’a pas de reconnaissance légale. Dans l’obscurité, la tâche est compliquée, il finit par jeter l’éponge et, après avoir assisté l’ouverture d’un restaurant d’un ami, s’enlise dans une période sans travail qui va durer une dizaine d’années. Las de ne rien faire, appuyé de proches, il se tourne vers une entreprise qui lui parait à sa mesure. Créer et diriger un restaurant. Sans expérience dans le métier, il compte recruter sa sœur en cuisine et une amie en salle. Lui parlera aux clients de l’importance de respecter les saisons dans l’alimentation, pilier de l’harmonie du corps et de l’esprit. Sa quête l’emmène dans la partie morne d’une rue animée plus loin. Mal entouré, il achète un resto rapide en déshérence le double de sa valeur : la moitié du prix au moyen de sa mise de départ, l’autre moitié par un crédit vendeur dont le remboursement commence à courir le mois suivant. En possession du fonds, il se trouve toutefois dans l’incapacité de faire les travaux nécessaires à son exploitation. Et le compte à rebours a débuté.

Deux exemples parmi tant d’autres, où la faiblesse et l’ignorance se trouvent happées et dupées par des vendeurs prompts à en profiter. Ces situations sont dramatiques. Les conseils d’experts sont indispensables à ce stade. Et malheureusement les verts repreneurs ne sont pas toujours conscients des enjeux de leur acte.

Le Carrosse et la Citrouille

Un frêle sorcier, auréolé d’un titre supérieur en commerce,

Peine à maitriser une ambition volcanique, excitée

Par les sirènes enchanteresses qui bercent ces lieux-là,

Grisée encore par l’assurance offerte par des années dorées.

 

 

Il ne se résout pas à gaspiller son talent pour d’autres que lui.

Jeune, sans attaches ni bagages, il peut s’adonner à la création bohême,

Ne pas le faire maintenant, il le sait, serait source de regrets.

« Mon Destin est singulier et rieur, reste à le chatouiller »

 

Pour abreuver sa soif d’entreprendre, il se tourne vers le métier le plus simple,

La restauration.

« J’ai fait une école de commerce, je peux bien éplucher des patates »

Déclare-t-il humblement.

Mais, l’important, l’art dans lequel il a appris à exceller, est ailleurs.

C’est la formidable histoire qu’il s’apprête à raconter, en quelques slides colorés,

Une intrigue rebattue qui met en scène des personnages ordinaires,

Dans un accoutrement inédit.

Il tient là l’originalité, la touche conceptuelle qui fera la différence.

Un premier restaurant étalon, victime de son succès,

Un deuxième et un troisième dans l’année,

« Et la franchise ! Mon nom dans toutes les villes ! »

Et pour commencer, parce qu’avant de piloter la chaine,

Il faut bien s’attaquer à son premier maillon,

Le sorcier part en quête d’un local, réceptacle envoûté.

Aidé par de généreux associés, il ne peut pourtant pas

Rivaliser avec les grands magiciens de la place,

Dont les moyens et l’influence assurent les meilleurs espaces.

Le concept échoue dans une rue de moyenne affluence,

Desservi par des travaux qui n’ont pas tenu leurs promesses,

La robe perd vite son éclat et les cloques apparaissent.

Le sorcier prisonnier dans sa coque, rumine au milieu des épluchures,

S’agitant et criant, sans trop savoir que faire,

Spectateur hagard du clapotis ennuyeux,

Il se pince pour savoir s’il n’a pas rêvé.

 

Amer savoir celui qu’on tire des créations oniriques,

Un concept que l’on imagine singulier et magique,

Greffé dans la réalité, diffuse une lumière affaiblie.

Après tout, qu’importe !

Elle offre la satisfaction de la traversée accomplie.

Le Démon de la Perversité

Un matin, Mireille se réveille avec une petite voix,

Une crécelle sourde, incrustée dans sa tête, qui lui susurre

« Pourquoi tu te laisses faire ? Pourquoi tu laisses tout le monde te marcher sur les pieds ? Pourquoi tu laisses la vie t’échapper ?»

C’est vrai, Mireille, la quarantaine menaçante, femme dévouée, au logis (qualité peu valorisée par son compagnon qui l’a quittée), comme au bureau,

Eprouve la sensation persistante d’enrichir les autres à son détriment, d’abdiquer sur les questions du sens et des responsabilités, de ne pas se faire confiance.

« Tu ne vaux pas moins que ta patronne : pourquoi tu ne la monterais pas ta boîte ? »

L’idée lancée bouscule Mireille, qui la balaye d’abord par réflexe coquet, comme étant une folie, impensable. Et puis, être salariée, avec des responsabilités, on peut s’estimer heureuse.

Mais elle a pénétré le for intérieur, la bougresse, comment l’ignorer maintenant ? Elle se balade, légère et provoquante, dans les larges espaces de la pensée qu’elle fixe, irradie et accapare.

Le quotidien morne bascule dans l’insupportable. Elle doit purger cette vie, tourner la page. Le plus vite possible, tant la sensation de dégoût l’oppresse, tant l’issue l’exalte. Mireille prépare clandestinement la voie nécessaire de la libération.

Mais pour faire quoi ? Elle n’a pas fait de grandes études, exerce des responsabilités d’assistante commerciale, mais n’a pas d’idée de business, ni de tour de main à exploiter.

« Tu te dévalorises encore. Tu adores la cuisine, tu aimes recevoir. Ce n’est pas sorcier de monter un restaurant, regarde Céline, elle l’a fait en partant de plus loin. »

La deuxième question est financière, Mireille dispose d’une épargne modeste.

« Tu oublies le petit héritage que t’a laissé ton père » lui rappelle sa crécelle. Mireille, respectueuse de ce qu’il représente, une vie de travail laborieux, le destinait à un emploi « sûr », un logement.

« Ne sois pas stupide, ton père serait fier de cet usage ; c’est un investissement productif, allez, file ! »

Les journées tôt terminées, elle visite des locaux commerciaux. D’abord peu  à son aise, elle se prend finalement au jeu. Mais s’impatiente. Quand un agent lui présente une « affaire en or », le sens de la mesure qu’elle s’efforçait de maintenir, rompt. Elle s’est approprié le lieu, l’a investi, un véritable « coup de cœur ».

« L’ancienne gérante, vieille et usée, ne l’exploite plus ; vous, avec votre enthousiasme, vous n’aurez pas de difficulté à doubler, voire tripler, son chiffre d’affaires ». Mais le prix lui paraît cher et il est au-dessus de la limite qu’elle s’est fixée.

« C’est justement le potentiel que vous pourrez développer ; la vieille faisait ce chiffre en ses vertes années.

Vous n’êtes pas la seule sur les rangs, j’attends une offre, mais si vous signez maintenant, bien-sûr…»

Et le loyer ?

« Un bail neuf, avec cet emplacement, ce n’est pas si cher. Je vous fais une remise d’ailleurs de 25 % sur mes honoraires. Alors ?… »

Mireille n’a pas encore vu sa banque.

« Regarde comme il est beau ce local, lui dit la crécelle, il te ressemble tellement ; tu risques de le perdre, et tu as déjà beaucoup attendu, tu veux encore attendre ? »

Dans un élan de détermination inquiète, elle dit « Banco… » à l’agent et quelques minutes plus tard sort de l’agence, le contrat signé. Elle doit déjà 3 ans de loyer, en plus du reste, et elle ne le sait pas.

Son objectif du moment, ce n’est pas d’aller voir la banque -elle se sent complexée, et elle peut attendre, elle a un petit pécule, elle ne sait plus vraiment combien-, mais de négocier un licenciement avec sa patronne, parce qu’on lui a dit qu’elle pourrait toucher des aides.

Malheureusement, pour des questions d’éthique, elle y est opposée « Quand un employé veut partir, bah, il démissionne, c’est simple. Donnez moi votre lettre ».

Mireille se trouve ainsi acculée au pied de son bonheur.

« Pas de souci, tu vas y arriver« 

 

L’araignée à l’essai

Une jeune araignée, à l’appétit vorace,

Grisée par les légendes d’empires bâtis de rien,

Choisit dans une mansarde aux beaux volumes, un recoin,

Pour terrain de chasse.

Dans un élan impétueux, elle passa outre conseil et assistance par ses proches offerts,

Et entama seule, nichée sous le toit, son œuvre filandière.

Une maigre sécrétion contraignit l’ampleur du traquenard

Qui, tissé à la simple intuition, ne manquait pas de tares.

Qu’importe, quelque moucheron risque bien de s’y perdre, il en passe tant par ici, pensa l’araignée partie se reposer.

Las, les heures lentement défilaient et la toile vide demeurait.

Après avoir vainement entrepris d’en étendre les fils, l’araignée, par la faim tenaillée,

Abandonna son guet, et visa le plancher,

Délaissa les airs pour lancer un raid sur les lattes du grenier.

Peut-être y trouverai-je une mouche affaiblie pour me sustenter,

Qui m’offrirait la ressource pour raviver l’appareil en plan laissé ?

Cette course exaspéra les dernières réserves du prédateur guère armé pour le combat,

De ses capacités, il avait préjugé, il en convint.

Se résolut enfin à rebrousser chemin pour revenir vers les siens.

 Ainsi en est-il d’entrepreneurs de la toile,

Attirés par les succès de quelques insolents,

Lancent un site comme on lance à la mer une bouteille,

Sur un malentendu, qui sait, il pourrait fonctionner…

 

En rade

Un couple, lassé de tracer le sillon, le même, toujours le même,

Dans un terrain qui offre une satiété, nulle variété,

Aspire à une exaltation autre, avide et vrombissante.

« Que dirais-tu, chéri, de prendre le large, d’aller, avec nos économies, taquiner les fonds marins,

La traversée nous apportera richesses, poissons et aventures,

Redonnera souffle et joie à notre quotidien. »

L’appel du Nouveau grise le mari qui s’arme pour la révolte :

« Importunons le sort ! »

Ensemble, ils quittent ferme et récoltes, visent un petit port de pêche, ouvert sur l’océan,

Qui régurgite pourtant âmes et vocations.

Dans le Bar des Pêcheurs, un vieil homme aux rougeâtres couleurs, met en garde les étrangers contre cette entreprise téméraire :

« La mer ne nourrit plus ses artisans, c’est un secret de tous connu, le poisson se pêche dans les usines. La chair des océans est trop subtile pour vos temps. On lui préfère la vermine. Et vos pieds n’ont jamais foulé que la terre : c’est l’ignorance qui vous guide et vous perdra… »

Décidément l’âge désespère les gens, dit le mari, plus tard sur le quai.

Ils observent les barques amarrées et, entre les épaves, distinguent une coque, de bonne taille, écaillée.

Son propriétaire les rassure sur les performances du navire qu’il se dit prêt à céder.

Ils s’accordent sur le prix que le couple règle comptant, puis dépense le reste de son argent dans la retape et de nouveaux rets.

Le lendemain, à l’aube, les aventuriers sont sur le pont, prêts à défier la mer, et leur propre résistance. Le cœur palpitant, dans un voile d’anxiété, ils font face aux premières avaries.

Les filets trop tôt jetés  tardent à frétiller,

Le vent se lève, le ciel s’obscurcit, les vagues enflent. 

L’équipée dépassée tangue et vacille,

Emportée par les courants, refoulée par les éléments,

Elle échoue sur la côte prématurément.

 

Ainsi en est-il de couples qui, pour fuir leur monotonie,

Entreprennent à la hâte dans des terres inconnues,

A presser le passé, sur l’avenir spéculent,

Ils risquent  de dissoudre le peu de bonheur acquis.

La bergère et les chiens

Une jeune bergère se promenant à l’écart des sentiers empruntés,

Repéra sur les hauteurs, par-delà bois et rochers, une verte prairie, baignée d’un ruisseau.

Elle fit l’acquisition d’une dizaine de brebis et moutons,

Pour assouvir son désir de liberté avec l’espoir de voir son troupeau, en ce terrain fertile, croître et prospérer.

Or, le chemin était long et périlleux : à l’orée d’une ombrageuse forêt,

Pour éviter pertes et tracas, la jeune bergère décida de s’en aller recruter des chiens de garde, à l’exercice rompus.

Elle confia le cheptel à son petit frère, en lui promettant qu’elle ne tarderait pas.

Et partit à rebours.

Le premier chien rencontré donna un accord enthousiaste, pourvu que 2 ou 3 confrères prêtassent leur concours également, car il ne pouvait pas seul assumer cette mission.

Il lui présenta 2 cousins qu’il qualifiait d’infaillibles, sur les routes escarpées comme dans les grands espaces, mais dont la compétence avait d’âpres discussions pour corollaire.

De quelle race étaient les bêtes ? Et le pré était-il vraiment vert ? L’eau coulerait-elle en juin ?

Et combien d’agneaux naîtraient d’ici l’été ?  

Il n’en fallait pas 10, mais 50, voire 100. Si la bergère était incapable de croire en la fécondité de ses bêtes, si elle était incapable d’exciter leur imagination, de les faire saliver sur le festin attendu, non, décidément, ils ne la suivraient pas.

Les arguments, autant que l’engrenage de la faim, avaient fini par convaincre les chiens d’accompagner la petite bergère au point où elle avait entamé son détour.

Elle aperçut alors son assesseur, seul, recroquevillé au pied d’un sycomore, les yeux gonflés.

Malgré ses efforts, les moutons, volages, les uns après les autres, s’étaient enfuis.

Les chiens entrèrent alors dans une rage folle, ils se ruèrent sur les jeunes gardiens de troupeau,

Et les dévorèrent comme dédommagement à leur vain dérangement.

Il en est ainsi de jeunes entrepreneurs qui, sur la route des astres,

Cherchent à consolider l’équipée, la faire accélérer, en intégrant des forces spéciales ;  

L’accent mis sur cette étape fait perdre de vue le cap initial.

La confusion des fins étourdit et provoque le désastre.