Le Carrosse et la Citrouille

Un frêle sorcier, auréolé d’un titre supérieur en commerce,

Peine à maitriser une ambition volcanique, excitée

Par les sirènes enchanteresses qui bercent ces lieux-là,

Grisée encore par l’assurance offerte par des années dorées.

 

 

Il ne se résout pas à gaspiller son talent pour d’autres que lui.

Jeune, sans attaches ni bagages, il peut s’adonner à la création bohême,

Ne pas le faire maintenant, il le sait, serait source de regrets.

« Mon Destin est singulier et rieur, reste à le chatouiller »

 

Pour abreuver sa soif d’entreprendre, il se tourne vers le métier le plus simple,

La restauration.

« J’ai fait une école de commerce, je peux bien éplucher des patates »

Déclare-t-il humblement.

Mais, l’important, l’art dans lequel il a appris à exceller, est ailleurs.

C’est la formidable histoire qu’il s’apprête à raconter, en quelques slides colorés,

Une intrigue rebattue qui met en scène des personnages ordinaires,

Dans un accoutrement inédit.

Il tient là l’originalité, la touche conceptuelle qui fera la différence.

Un premier restaurant étalon, victime de son succès,

Un deuxième et un troisième dans l’année,

« Et la franchise ! Mon nom dans toutes les villes ! »

Et pour commencer, parce qu’avant de piloter la chaine,

Il faut bien s’attaquer à son premier maillon,

Le sorcier part en quête d’un local, réceptacle envoûté.

Aidé par de généreux associés, il ne peut pourtant pas

Rivaliser avec les grands magiciens de la place,

Dont les moyens et l’influence assurent les meilleurs espaces.

Le concept échoue dans une rue de moyenne affluence,

Desservi par des travaux qui n’ont pas tenu leurs promesses,

La robe perd vite son éclat et les cloques apparaissent.

Le sorcier prisonnier dans sa coque, rumine au milieu des épluchures,

S’agitant et criant, sans trop savoir que faire,

Spectateur hagard du clapotis ennuyeux,

Il se pince pour savoir s’il n’a pas rêvé.

 

Amer savoir celui qu’on tire des créations oniriques,

Un concept que l’on imagine singulier et magique,

Greffé dans la réalité, diffuse une lumière affaiblie.

Après tout, qu’importe !

Elle offre la satisfaction de la traversée accomplie.

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Publié le 9 octobre 2012, dans Fabuleuses créations. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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