La motivation – Créer son emploi

Largement surclassée par la question du « Comment crée-t-on ? », celle du « Pourquoi ?» n’en demeure pas moins essentielle. Certes, elle ne se matérialise pas par un document concret (pas de statuts, pas d’Extrait K Bis), pis encore, elle risque de freiner, voire de contrecarrer, la réalisation du rêve créateur. Elle permet pourtant de baliser ce choix de vie, d’identifier les ressorts qui sous-tendent la volonté de créer, d’exprimer les attentes du futur chef d’entreprise. Les croyances se trouvent souvent au cœur du mécanisme. Pour éviter toute désillusion, pour prendre la décision en relative connaissance de cause, interroger ses motifs, manifestes et secrets, est une étape fondamentale.

 Créer son emploi

Les pouvoirs publics, à l’imagination perverse, ont vu, avec la propagation d’un chômage marécageux, dans la création d’entreprise, une corde bon-marchée de la politique de l’emploi, une baguette permettant de transformer le matricule Pôle Emploi en numéro Siren. « Nous n’arrivons pas à créer un emploi pour vous, qu’importe ! Créez-le vous-même ! » Ainsi, l’idée s’est progressivement insinuée dans les consciences individuelles d’une France pourtant peu réputée pour ses élans libéraux, que le Salut devait venir de soi, de ses propres cendres le Phénix s’envolerait happé par l’irrésistible attrait des astres. Les barrières psychologiques s’étiolent, dans un même mouvement les obstacles administratifs et juridiques s’affaissent. Tout concourt à chatouiller la liberté d’entreprendre chez les personnes inoccupées, comme si on emmenait un alcoolique sevré dans le rayon des vins d’un supermarché tout en louant leurs qualités, leur goût, tout en glissant incidemment un billet dans la poche de son gilet…

Au-delà de 52 ans, son ticket n’est plus valable chez Faurecia, surtout lorsque l’automobile traverse un sérieux passage à vide. Daniel, qui n’a connu, dans sa longue carrière, qu’un seul employeur, se retrouve sur le marché du travail en position délicate. Son employabilité n’est pas au top. La voie tracée par son fils dans la boulangerie le dépanne, et décide d’emprunter la même route : il passe un CAP accéléré et reprend un établissement à Paris.

En se déroutant de ses études, puis en créant sa première entreprise, une société de distribution de produits d’entretien, Christophe signe un pacte avec l’indépendance, le contraignant à sans cesse créer son emploi par l’entreprise. Quand l’opportunité de cession se présente, il reprend un restaurant, puis un second ; quand la lassitude l’éreinte, et une opportunité de revente apparaît, il lâche ses affaires pour créer une nouvelle entreprise, dans les services funéraires, et ainsi de suite,…

Karim et Liamine, diplômés en gestion d’entreprise, peinent à trouver un emploi conforme à leurs qualifications, ils décident de monter leur propre entreprise de transport de touristes, en faisant jouer les relations tissées pendant leurs études et les petits boulots qu’ils ont réalisés en parallèle.

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Publié le 4 janvier 2012, dans Avant la création il y eut. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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